Le bain russe 

Les propriétés curatives du bain de vapeur sont connues depuis l’Antiquité. Dans le plus vieux des écrits consacrés à la médecine – Ayurvéda, rédigé en sanscrit en 568 av. J.-C., la sudation était considérée comme ayant un effet thérapeutique important et le bain de vapeur était préconisée comme un soin médical. Les bienfaits du bain de vapeurs sont décrits dans les oeuvres de l’historien grec Hérodote, des philosophes Socrate et Platon, dans celles du savant Avicenne et du médecin de génie Hippocrate qui, en parlant du bain de vapeur, disait : « Donnez-moi le pouvoir de provoquer la fièvre et je pourrai guérir n'importe quelle maladie». Le culte de la santé existait déjà à l’époque des civilisations avant J.-C. Par exemple, les archéologues ont trouvé un papyrus datant de l’époque d’Egypte Antique intitulé «         .» où figurent des conseils en matière de cosmétiques, de massages et, bien sûr, de bains de vapeur.

Le fait d’aller prendre un bain de vapeur était tout une fête. On faisait d’abord quelques exercices, puis on prenait des bains de vapeur sèche et de vapeur humide et par la suite, on plongeait dans un bassin d’eau froide. Mais de vrais rites magiques ne commançaient qu’après le bain, puisque l’on apportait avec soi toute sortes de potions et de crèmes que l’on utilisait après avoir râclé la peau à l’aide d’une spatule en bois et en ivoire.

Dans la Russie ancienne, le bain de vapeur accompagnait l’homme sa vie, puisque l’on considérait que c’est justement par le biais d’un bain de vapeur on purifiait non seulement son corps mais aussi son âme. A l’époque, lorsque même un bain de vapeur n’aidait pas à guérir un malade, on disait que plus rien ni personne ne pourrait le guérir.

Sous nos latitudes, les bains de vapeurs ont apparu bien avant les Slaves. Selon les témoignages d’Hérodote, déjà les Scythes (ayant vécu entre le Vème et le IIIème siècles av. J.-C.) pratiquaient des bains de vapeur. Les écrits d’Hérodote nous apprennent qu’ils organisaient assez souvent une sorte de bain de vapeur ambulant qui avait une fonction hygiénique, curative et cosmétique mais aussi représentait tout simplement une forme de détente et de repos. Les Scythes attachaient quelques perches ensemble, les recouvraient de feutre et installaient à l’intérieur de cette hutte un récipient métallique avec des pierres chauffées à blanc. Ils jetaient des graines de chanvre sur les pierres brûlantes qui dégageaient immédiatement une vapeur parfumée. A l’intérieur de la hutte, l’homme non seulement transpirait abondament mais aussi inhalait les vapeurs ayant des propriétés curatives. Hérodote écrivait à propos de ce type de bain : « Aucun bain de vapeur hellénique ne peut être comparé à celui-ci. Ce bain de vapeur fait pousser aux Scythes des hurlements de joie ». Par ailleurs, avant de prendre le bain de vapeur, les femmes scythes pilaient sur une pierre rugueuse des morceaux d’écorce et des aiguilles de cèdre et de cyprès ainsi que d’autres plantes aromatiques. Elles ajoutaient de l’eai à ce mélange pour obtenir une pâte épaisse ayant une odeur très agréable. Selon Hérodote, cette pâte était appliquée sur tout le corps et lorsque l’on se rincait, la peau devenait propre et resplendissante.

En Russie à proprement parler, le premier document qui mentionne les bains de vapeur est la célébre « Chronique des temps passés » (datée de l'an 945) (connue aussi sous le nom de la « Chronique de Nestor » ), rédigée par le moine Nestor de la Laure des Grottes de Kiev. Il ressort des textes de Nestor que de toute évidence, bien avant le XII siècle, dans la Russie kiévienne, le bain de vapeur était une pratique tout à fait commune.

 


 

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